Les maisons d'éditions à compte d'auteur.


Pour un premier article sur le blog, je peux vous garantir qu'il va être salé. Il y a beaucoup de choses à dire à propos de ces maisons (que dis-je, ces sangsues). Si vous avez déjà envoyé un manuscrit à l'une de ces maisons d'édition (dont je tairai les noms, par pudeur), et que vous avez signé, cela a certainement dû vous laisser un bien mauvais souvenir (et à votre portefeuille aussi, j'imagine), mais nous y reviendrons plus tard.

Une maison d'édition à compte d'auteur, qu'est-ce que c'est ?

Ces maisons d'édition (qui n'en sont pas vraiment, d'ailleurs, puisqu'elles se rapprochent plus de l'imprimerie), commencent vraiment à pulluler sur internet et à polluer la vie de nombreux.ses auteur.es en herbe qui ne rêvent que de publier leurs manuscrits. Ces « éditeurs » sont des escrocs. Sans blague. Si vous avez envoyé un manuscrit et qu'on vous a répondu, fuyez ! Je connais bien leurs contrats, j'en ai toute une pile dans mon bureau. Ils vous ont répondu en 3 semaines ? Ils vous ont envoyé un magnifique courrier sur un beau papier ? Ils vous demandent la modique somme de 2500 euros pour faire la « maquette » de votre ouvrage ? Laissez-moi rire... Fuyez ! Loin ! Tant qu'il est encore temps.

Les maisons d'édition à compte d'auteur.e, comme leur nom l'indique, ne prennent aucun risque. L'auteur.e prend à sa charge 100% des frais pour l'impression et distribution (hahaha) de son ouvrage. Souvent, ces maisons s'inventent des partenariats avec Hachette ou avec la Fnac. Ne vous laissez pas abuser... N'importe qui peut publier son livre à la Fnac, même un auto-édité (comme moi). Il suffit juste de demander gentiment. Tout ce qu'ils vous promettent, c'est du vent, de l’esbroufe, de la poudre aux yeux. Vous ne serez référencé.es nulle part sinon sur leur site (sur lequel personne n'ira jamais chercher). Je sais, ça peut faire grincer des dents (surtout quand on a payé aussi cher), mais c'est la vérité et il ne faut pas se la cacher, il faut réagir.

Quels sont les symptômes évidents d'une maison qui va vous enfler ?

- Ils vous répondent en trois semaines et ne trouvent rien à redire sur votre manuscrit.

- Votre contrat vous promet jusqu'à 22% de droits d'auteur.

- Ils ne prennent même pas la peine de vous appeler.

- Ils vous demandent de payer.

Une maison d'édition dite « classique », ne vous demandera JAMAIS de payer. C'est même elle qui va vous donner une avance sur vos futurs droits d'auteur appelée « à valoir », et pas l'inverse. Je tiens à préciser que certaines petites maisons d'édition font de l'excellent travail et qu'elles se battent pour défendre leurs auteur.es. Elle n'ont tout simplement pas les moyens de verser un à-valoir. En revanche, elles ne vous demandent pas de payer.

Alors, certes, à 22% de droits d'auteur, si vous arrivez à les vendre, me direz-vous, pourquoi ne pas signer ? Après tout, on est vite rentabilisés, non ?

Faux ! Archi-faux ! Les prix de vente de ces livres se situent en général entre 17,50 et 19,90. Faisons un rapide petit calcul. Si vous touchez 22% de droits d'auteur par livre vendu et que votre livre se trouve au prix de 17,50, vous toucherez 3,85 euros par livre. Sachant que le premier livre d'un.e auteur.e se croûte très (très) souvent et se vend à moins de 500 exemplaires, il vous faudrait vendre précisément 649 livres pour ne serait-ce que vous rembourser les 2500 euros misés au départ. Et, quand on est référencé par les éditions « TrucMuche » qui n'ont ni la moindre visibilité, ni le moindre réseau de diffusion sérieux, c'est pas gagné. Parce que ce sont les libraires qui commandent les livres, et les libraires ne sont pas dupes. Elles et ils savent avec quelles maisons travailler. Attention, cela ne veut pas dire que votre livre est mauvais, cela veut simplement dire que ces maisons vont vous demander 2500 euros pour vous publier et que vous ne vendrez jamais de livre, aussi bon soit-il, avec leur logo sur la couverture. C'est certain. Quelques proches se sont laissés avoir par ces escrocs. Alors, je vous en prie, réfléchissez-y à deux fois. Si vous souhaitez réellement être lu.e.s et avoir des retours de lectrices et lecteurs, je ne saurais que trop vous suggérer de vous pencher vers des plate-forme numériques dédiées à la lecture. Vous pourrez y publier vos œuvres en toute sécurité et avoir des retours concrets et parfois même constructifs. Et si vous souhaitez (ce qui est tout à fait légitime) être payé.e pour votre travail, n'hésitez pas non plus à vous tourner vers l'auto-édition, sur le Kindle d'Amazon, par exemple (qui fera l'objet de prochains articles).

Mais, de grâce, ne vous tournez pas vers ces opportunistes qui ne rêvent que de voler l'argent d'auteur.e.s qui ne savent pas où donner de la tête. Et méfiez-vous ! Lorsque vous tapez « maison d'édition » sur la barre de rechercher Google, c'est souvent ces mêmes maisons-là que vous trouverez en premier. Alors, renseignez-vous d'abord en librairie, relevez attentivement les noms des maisons qui vous font de l’œil, et contactez-les directement, sans passer par la case 2500 euros à casquer. Votre portefeuille vous remerciera, et votre manuscrit aussi.

À partager sans modération.


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